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PORTRAITS DE BROCS – 2

Voici la deuxième publication de notre série “Portraits de brocs”.

 

Cette semaine, des portraits autour du monde du livre : Bernard avec les beaux caractères d’imprimerie qu’il réassemble savamment (photographié par Georges “Youri” Berensfeld), Cécile nous montrant deux images de papillons gravées sur acier dans un recueil consacré à ces mystérieux insectes, L’histoire naturelle des lépidoptères d’Europe par H. Lucas (photographiée par Isabelle Mondet), et Stéphan lisant un livre d’enfants en compagnie d’un livre incarné, Alice ! (photographié par Edoarda Roncaldier).

 

Après les photos, Bernard et Stéphan nous offrent aussi chacun un texte, littéraire (!), rédigé pour l’occasion.

 

Au revoir au prochain rendez-vous…

 

 

Et voici donc, l’un à la suite de l’autre, les textes de Bernard et de Stéphan.

 

Bonne lecture !

 

(Bernard)

 

A l’origine, ce sont des caractères d’imprimerie, en bois et en métal, marqués par une longue vie à imprimer des documents en tout genre, que je sélectionne pour leur originalité.
Restaurés selon un procédé exclusif, j’agence ensuite ces caractères pour créer une œuvre unique et inédite.

L’atelier Vulkain est installé depuis 15 ans aux portes de Paris, je vous donne également rendez-vous aux Puces de la Porte de Vanves pour découvrir mes créations.

 

(Stéphan)

 

C’était un dimanche, dans la première lumière encore cristalline et déjà attiédie d’un matin d’été. Les marchands de l’avenue Sangnier achevaient d’installer leurs stands…

Elle était là, étendue sur le dos, à l’écart, me semble-t-il, sur l’une des tables de François. Les cerceaux de sa crinoline faisaient de sa robe renversée une grande corolle bleu pâle, si bien qu’on ne distinguait ni son buste ni sa tête. De cette vaste corolle, seul émergeait un singulier pistil de bois qui se tendait vers le ciel : la jambe unique d’une marionnette… d’une marionnette qui n’avait pas encore de nom…

Ce n’est que plus tard, un jour, lors d’une visite à Orsay que Mademoiselle Liddell, celle qui, petite fille avait descendu la rivière Isis avec son ami Lewis Carroll, celle à qui il avait révélé les rêves éveillés de l’Autre Côté du miroir… Il fallut que ce jour-là Mademoiselle Liddell, saisie par Julia Margaret Cameron au moyen de quelques sels d’argent, m’adresse le clin-d’oeil du papillon de soie qu’elle portait dans les cheveux pour que je la reconnusse enfin…

Alice !

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